21Mai2014
REFORME DES INSTITUTIONS: Quand Macky donne raison à Mbow

La remise du rapport de la commission nationale de réformes des institutions (cnri) par le président Amadou Makhtar Mbow au président Macky Sall, avait soulevé un tollé du côté du clan présidentiel, ou certains  n’avaient pas manqué de le clouer au priori. Mais aujourd’hui, il est difficile de ne pas donner raison au patriarche.La réforme des institutions est un engagement phare qu’avait pris le candidat Macky Sall à la dernière présidentielle. Pour le respect de cet engagement, un travail colossal a été confié à la commission nationale de réformes des institutions, afin de proposer au Président de la République, les différentes réformes à initier.

Par El Hassane Sall


Entre autres réformes proposées par Mbow et ses techniciens, figuraient en bonne place la justice par une réforme du CMS .Réforme qui devra consacrer l’indépendance du CMS qui ne devrait plus être présidé par le président de la République. Ce que l’UMS a d’ailleurs toujours réclamé : « la magistrature en tant que corps, est indépendante, et c’est la Constitution qui le dit ; maintenant, dans la pratique, il faut mettre un bémol à ce principe », soutenait son président, Abdou Aziz Seck : « l’UMS a toujours dit qu’il faut des réformes pour rendre cette indépendance effective ». Dans le même registre, le président de l’Union des Magistrats du Sénégal avait renchéri : « Nous avons toujours demandé des réformes, en agissant sur deux leviers : le premier levier c’est la composition et le fonctionnement du conseil présidé par le Président de la République avec le ministre de la justice comme vice-président. Une structure qui gère la carrière des magistrats et qui est dirigée par l’Exécutif, on peut penser à un manque d’indépendance », avait-il relevé, et elle devait même précéder l’Acte 3 de la décentralisation qui a suscité autant de polémiques. En procédant à la réforme de la justice, Macky Sall pourrait assurer ses arrières. Aujourd’hui qu’il est au pouvoir, il détient tous les leviers. Mais le jour où il ne sera plus au pouvoir, s’il est remplacé par un successeur qui ne lui veut pas que du bien et qui concentre tous les pouvoirs entre ses mains, il serait tenté de le poursuivre ainsi que sa famille qui  aujourd’hui occupe le devant de la scène, en déclenchant une sorte de chasse aux sorcières.

Ainsi, le chef de l’Etat devrait faire en sorte que l’indépendance de la justice soit une réalité, en affranchissant les juges de la tutelle de l’Exécutif, comme ils  ne cessent de le réclamer. Autre réforme qui lui aurait permis de se concentre d’avantage sur les problèmes de la République, est celle qui consiste à se départir de sa casquette de chef de parti. Pourtant, s’il avait accepté de confier son parti à son numéro deux, il n’aurait pas connu tous les déboires lors des investitures ou certains de ses ouailles ont passé outre ses directives. Aujourd’hui, le Sénégal est à la croisée des chemins, et le Président de la République envisage de le mettre sur la voie de l’émergence.  Mais cette émergence devrait commencer par une vraie rupture, en procédant à des réformes institutionnelles en profondeur pour pérenniser notre paix et notre stabilité. Sans quoi rien ne pourra se faire.

Par El Hassane Sall

 

 

 
 





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